Qu'est ce que le varroa
Aujourd'hui, l’apiculture a changé et tout le monde en parle.
Voilà plus 30 ans que le varroa s'est répandu dans le monde.
Pourtant, peu de gens connaissent vraiment le varroa, ses origines, et ses effets dévastateurs sur la santé de l'abeille.
En général, une colonie non traitée, est condamné dans l’année qui suit
Dorénavant, les colonies ne sont plus capables de survivre sans l'aide de l'apiculteur.
C'est un ennemi qu'il faudra combattre sans relâche.
Car quasi 100% des colonies sont affectées par le parasite.
Et même si une colonie en est débarrassée temporairement, elle finira par être recontaminée par la dérive ou le pillage.
Voyons comment on en est arrivé à cette situation catastrophique...
Comment varroa jacobsoni est devenu varroa destructor
Le varroa est un accarien de 1mm de large
Anciennement, l'acarien Varroa Jacobsoni vivait en Asie du sud-est
Le parasite parvenait à survivre au détriment de l'abeille à miel locale Apis Cerrana.
Apis Cerana contrôlait sa prolifération en s'épouillant.
Et les deux espèces parvenaient à vivre en équilibre.
A la fin du 20ème siècle, l'abeille domestique (Apis Mellifera), a été introduite en Asie.
Puis l'acarien a muté...
Il a muté pour s'adapter à l'abeille européenne et devenir Varroa Destructor.
Apis Mellifera n'étant pas en mesure de s'épouiller comme sa cousine asiatique, elle est incapable de réguler la population de varroa.
Le parasite se multiplie alors exponentiellement jusqu'à l'effondrement de la colonie.
La répartition naturelle d'Apis mellifera (principalement en Europe et en Afrique) ainsi que la répartition de l'autre abeille à miel, Apis cerrana, dans toute l'Asie.
Apis cerrana, se reconnait par des rayures plus marquées qu'Apis mellifera
Comment se déroule la reproduction du varroa
Le varroa se multiplie uniquement à l'intérieur du couvain operculé.
Et il a même une préférence pour les cellules de couvain mâle.
On estime que 7 varroas femelles sur 8 préfèreront investir une cellule de couvain mâle qu'une cellule de couvain d'ouvrière pour s'y reproduire.
Pourquoi?
Car le couvain mâle met 24 jours contre 21 jours pour le couvain d'ouvrières.
Sachant que le varroa se reproduit plusieurs fois à l'intérieur du couvain, cela donne un avantage significatif au varroa pour sa reproduction.
Pour rappel, le couvain mâle (en-haut) est plus bombé et irrégulier que le couvain d'ouvrières (en-bas)
Le saviez-vous?
Juste avant que la cellule de couvain soit operculée au 6ème jour après la naissance de la larve, l'acarien vient s'introduire.
Puis, il pond son premier oeuf de mâle après 60h, puis un oeuf de femelle toutes les 30h.
Les femelles arrivent à maturité toutes les 7 à 9 jours contre 5 à 7 jours pour les mâles qui pourront s'accoupler plusieurs fois avec leurs soeurs (oui vous m'avez bien lu...).
Voilà pourquoi les cellules de mâles sont préférées.
Car plus de varroas femelles arriveront à maturité en choisissant ce type de cellule de couvain.
La reproduction du varroa dans une cellule de couvain
Au 21ème jour, lorsque l'abeille éclos, deux à trois varroas femelles matures sont libérées.
Les varroas mâles meurent, incapable de survivre seuls.
Les varroas femelles passent alors sous la forme de varroas phorétiques (elles se fixent à une abeille adulte) pendant 4 ou 5 jours.
C'est le seul moment de leur vie où les varroas seront visibles par l'apiculteur.
Puis, elles retrouveront une cellules de couvain prête à être operculée pour s'y glisser et s'y reproduire de nouveau.
On estime qu'une femelle varroa réalisera 2 à 3 cycles de reproduction comme celui-ci dans sa vie.
Un varroa phorétique sur une abeille lors de sa phase de dispertion. En général, le varroa préfère plutôt se positionner et se nourrir sous le ventre de l’abeille notamment les nourrices
Quelles sont les conséquences du varroa sur l'abeille
Le varroa est un vecteur de transmission de virus.
On dit qu'il est un vecteur d'agents pathogènes.
Car l'abeille est naturellement infestée, comme beaucoup d'espèces vivantes, par des virus.
Mais le varroa a un rôle de transmetteur de ces virus, notamment le virus des ailes déformées.
D'autres conséquences sont visibles
Les butineuses peuvent perdre le sens de l'orientation et augmenter la dérive.
Les virus transmis par le varroa peuvent également diminuer la fertilité de la reine, des faux bourdons, et augmenter les supersédures (le changement de reine sans essaimage).
La différence est nette: à gauche une abeille saine et à droite, une abeille infectée par la maladie des ailes déformées ainsi qu'à une perte de poids.
Le saviez-vous?
L'impact du varroa sur la pression virale a été notamment observé en nouvelle Zélande
Avant 2001, l'île était épargné par le varroa et le virus des ailes déformées était absent.
Puis avec la progression de l'acarien sur l'île, le virus des ailes déformées est devenu systématiquement présent dans les ruchers seulement 2 ans après l'arrivée du parasite.
Une colonie largement infestée par ce virus est condamnée à s'effondrer en quelques semaines.
Le varroa touche aussi l'abeille dès le stade de la nymphe
Il suce les tissus adipeux de l'insecte pouvant donner lieu à des malformations, et une perte de poids.
La nymphe peut aller jusqu'à mourrir dans l'alvéole, donnant lieu à un couvain avorté.
Le varroa se nourrit des corps gras de l’abeille dès le stade de la nymphe
Là encore une nette différence entre une nymphe saine à gauche et un nymphe touchée par le varroa, à droite.
Quelles sont les conséquences du varroa à l'échelle de la colonie
1. le varroa augmente la mortalité hivernale des colonies
L'infestation du varroa devient notamment problématique à l'automne.
A ce moment, la population de varroa devient de plus en plus insoutenable, alors que la population d'abeilles diminue.
Une diminution drastique de la population d'abeilles peut être observée, alors que le couvain qui formait de belles couronnes régulières devient un couvain en mosaïque.
La ponte est éparse car certaines nymphes n'éclosent jamais. De petits trous sont visibles et signalent la présence du varroa qui ressort de la cellule de couvain après sa reproduction
2. le varroa diminue les performances des colonies
Une étude sur 3300 ruches a été menée sur la miellée de lavande.
Elle a montré qu'au delà de 3 varroa phorétiques pour 100 abeilles (3VP/100ab), la colonie récoltait environ 3kg de miel en moins.
Au delà de 5 varroas phorétiques pour 100 abeilles (5VP/100ab), la perte s'élevait à 5Kg!
Conclusion
Comprendre le varroa est incontournable pour l'apiculteur.
Il est un facteur d'affaiblissement général des colonies.
Ce parasite est le facteur principal d'effondrement des colonies à l'automne.
Il est également un facteur de diminution de production de miel.
Sans le comprendre, impossible de faire un bon diagnostique et un bon traitement.
Dans l'article suivant je vous expliquerai comment compter le nombre de varroa phorétiques dans une colonie.